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Dis Mamie, c’était comment avant la rentrée des classes ?

Et voilà, la rentrée a fini par arriver ! Alors maintenant, comment faire pour tout faire ? Pour nous aider à prendre un peu de recul et mettre un peu de légèreté dans les jours denses qui vous attendent, nous avons demandé à une jeune grand-mère de nous raconter ses propres rentrées des classes des années 90. Avec malice et délice, elle s’en souvient ici. Jubilatoire.

« Allez, j’avoue.

J’ai toujours tellement détesté la rentrée que nous rentrions de vacances la veille au soir. Mes deux filles arrivaient quasiment  à l’école avec des grains de sable encore coincés entre les orteils. Le teint hâlé. On aurait juré qu’elles remontaient de la plage ! Je pratiquais le « sans transition » de la serviette à l’école !  Direct ! Zou ! Je détestais la rentrée parce que ma nichée allait s’éparpiller, le mari avec ses prospects, ses objectifs, et les enfants à l’école. Le blues de la rentrée. La nostalgie des belles soirées d’été ensemble, des rires, des éclaboussures, des chansons. Tout ce temps qu’on me volait avec eux… Les crayons, les gommes, le cartable flambant neuf, tout cela avait été acheté en juillet. Sur la « to do list » tout ça était barré.

« Tomorrow is another Day »

Tourner le dos à la plage éclaboussée de soleil le dimanche matin… et présenter sa société à un groupement d’entrepreneurs à 7h le lundi matin , oui, je l’ai fait ! Un drôle de plongeon ! Comment ai je pu réussir cet exploit ? J’ai deux techniques. La première, la plus sage, consiste à imaginer la scène à me la répéter mentalement jusqu’à ce qu’elle me paraisse parfaitement banale. La deuxième, plus risquée, je la tiens de Scarlett O’Hara dans le film « Autant en emporte le vent ». On la voit au plus fort de la tempête, dire avec insolence en version française : « J’y penserai demain » la version originale étant « Tomorrow is another Day ». Autrement dit « Un pas après l’autre ! »

Même pas peur ? Pas tout à fait quand même …

Je prenais toujours pendant les vacances de bonnes résolutions. Je ne confondrai plus heure de départ et heure d’arrivée. Je ne m’arrêterai plus en faisant fumer les pneus de ma R5 à 16h13 sur le parking de l’école. Je ne courrai plus le dimanche soir à 23h en tous sens dans la maison à la recherche du bonnet de bain parce que j’ai oublié que « Lundi c’est piscine » en prenant l’air détaché de celle qui maîtrise parfaitement la situation. Je n’irai plus le jour de clôture inscrire ma petite dernière à l’école de musique en me répétant pourvu qu’il y ait encore de la place, pourvu qu’il y ait encore de la place. Donc oui, un peu de pression. L’envie de bien faire. La volonté de ne pas générer d’angoisse chez les miens par mes manquements…

La pression ? Pas plus que la normale.

Je n’étais  pas l’instituteur trop sévère. Je n’étais pas le stylo qui bave. Je n’étais  pas le directeur commercial qui contrôle. Je cherchais juste à être un cœur qui battait pour les siens, un cœur qui accueillait. Alors paniquer pour 3 rendez vous chez le dentiste ? Non. Il fallait parfois aller vite mais qu’y avait-il de grave ? L’essentiel n’était pas dans la performance mais faire en sorte que ça coulisse pas trop mal. Cependant je vois que chez les jeunes mères, et chez ma fille en particulier, la pression monte. On dirait que gérer un boulot et 2 enfants, c’est un défi aussi difficile que gravir l’Annapurna. Je ne dis pas que ça va de soi non plus. Les contraintes horaires, les moments de tension au boulot, tout cela n’aide pas. Ajoutons à cela l’éducation positive qui, mal pratiquée, fait des enfants épanouis mais des mamans épuisées. Tous ces manuels de savoir-être avec son mari, ses enfants, égarent bien souvent plus qu’ils ne guident les jeunes mamans avec des injonctions contradictoires et des objectifs inatteignables. Sans compter le portable, les comptes Instagram aux photos reluisantes, si éloignées de la réalité…

Dans la vraie vie.

Dans les vraies familles les vraies mamans courent parfois le dimanche soir après le bonnet de bain. Arrivent une fois in extremis devant la porte de la classe après une traversée de la cour en trombe (oui ça sent le vécu). Ont confondu la gelée de cassis et la gelée de mûres. Ont parfois pris 2 rendez-vous chacun à un bout de la ville le même jour à la même heure. Et alors ? So What ? L’équilibre familial en est-il bouleversé ? Cela provoquera-t-il un stress post-traumatique chez le propriétaire du bonnet de bain ? Alors on se calme, on respire. On donne ce qu’on a à donner. On demande de l’aide aux proches. On médite ou on prie, selon. Et on plonge !

Bonne rentrée ! »

Texte de Françoise Jérôme, grand-mère de 2 petites princesses. Recueilli par Axelle Trillard.

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