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Prendre notre bien en urgence !

Quand on est parent, c’est si difficile de prendre soin à la fois des besoins de nos enfants et de nos propres besoins. Et pourtant… qui veut voyager loin, ménage sa monture…Les jeunes parents privés de sommeil le savent bien : sans sommeil, c’est tellement difficile de s’occuper de ses enfants ! En ce début d’année, au lieu de prendre notre mal en patience, si nous prenions notre bien en urgence ? Nous allons voir quels sont les signaux qui nous montrent qu’il faut prendre notre bien en urgence et surtout comment on peut s’y prendre.

Comment évaluer où nous en sommes vis à vis de cet épuisement ?

Quelles sont les situations qui sont difficiles pour nous ? A quel moment nous transformons-nous en « gremlins », en incapacité totale de donner quoi que ce soit de plus ?

  • Quand on manque de sommeil
  • Quand on n’a plus de temps pour soi
  • Quand les journées se passent sans que nous ayons eu une seconde pour nous ressourcer
  • Quand nous ne trouvons plus aucun plaisir dans cette vie de parent
  • Quand nous avons l’impression que tout est tellement compliqué, que jamais on ne parviendra à relever les défis de la parentalité
  • Quand on a mis le mode automatique pour ne pas sombrer
  • Quand les journées se terminent avec un écroulement en bonne et due forme
  • Quand nous n’arrivons plus à faire face malgré toute notre bonne volonté…
  • Quand certaines choses nous mettent tellement en colère, alors que le point de départ est franchement anecdotique…

Que le parent qui n’a jamais été confronté à cela lève la main !

Vous pouvez retrouver des témoignages de Parents épuisés dans le podcast de France Culture, car non, vous n’êtes pas seuls dans ce cas…

Pour faire le point sur là où vous en êtes, nous vous proposons de réaliser le test élaboré par Moïra Mikolajczak et Isabelle Roskam, expertes reconnues dans le domaine de l’épuisement parental : faire le test . Vous pourrez également découvrir quels sont vos facteurs de risques mais aussi vos protections face au burn-out. Mieux se connaître est toujours une bonne chose pour mieux gérer son énergie.

Que faire ?

Mais alors comment faire ? Où trouver des ressources, de l’aide ? Ce n’est pas comme cela que nous voulions vivre notre vie de parent ! Le plus important va être de trouver de l’aide : aide psychologique mais aussi aide matérielle le temps que vous puissiez retrouver votre souffle.

A qui puis-je m’adresser pour obtenir de l’aide ?

Ne restez pas seuls, essayez de trouver des relais, des lieux où se sentir compris. Ce peut être une voisine bienveillante qui peut vous donner un coup de main, s’occuper des grands pendant que vous soufflez un peu, une amie que vous pouvez appeler sans peur d’être jugée, une baby-sitter qui prend le relai, un centre de PMI, une garderie, un échange de services avec d’autres parents, aller au square pour retrouver des amis. Ca n’ira pas mieux quand…seul aujourd’hui nous appartient et c’est aujourd’hui qu’il nous faut trouver le moyen d’appuyer sur pause.

Vous pouvez également télécharger l’application Pop Mom, une appli d’entraide gratuite et solidaire entre mamans qui vous propose aussi tout un répertoire de professionnels, ou encore Babysit, une appli collaborative de garde d’enfants entre parents. Certains partenaires du réseau des parents sont spécialisés dans l’accompagnement des burn-out maternels et peuvent vous venir en aide. N’hésitez pas à nous contacter pour avoir leurs coordonnées. Vous pouvez en parler à votre médecin traitant qui vous orientera vers la prise en charge nécessaire, qui peut être multiple. Vous pouvez également en parler au centre de PMI. Quoi qu’il en soit, il est important de ne pas rester seul face à cet épuisement. De nombreux types d’accompagnements sont possibles pour reprendre le fil normal de sa vie. L’essentiel est de ne pas rester seul.

Quelles sont les ressources que j’ai sous la main, facilement ?

On peut donner de son temps, de son énergie seulement si le réservoir est plein. Si je suis à sec, je me mets en danger. Comment faire pour le remplir ? Faites-le point sur ce qui vous fait du bien, ce qui, là, vous ferait vraiment plaisir (à part prendre le premier jet pour une île déserte) sans vous demander une once d’énergie supplémentaire : prendre une tasse de votre thé préféré, vous enfermer dans les toilettes pour regarder une vidéo rigolote, souffler, lire…marcher un peu, passer un coup de fil à une amie bienveillante, vous faire un bon dîner, enfiler votre robe préférée, mettre du vernis à ongle (oui, la vernis-thérapie, ça existe !), dessiner, faire une séance de sport, de yoga, de méditation…A chacun sa tasse de thé !

Nous avons demandé aux personnes qui participent aux actions du Réseau des Parents quel était leur « truc » pour prendre soin d’elles-mêmes au quotidien. Voici leurs réponses :

  • Faire de la cohérence cardiaque
  • Faire du Pilates
  • Sortir sans mes enfants et laisser mon conjoint gérer
  • Sortir une fois par mois avec des copines
  • Lire
  • Donner le bain aux enfants qu’un jour sur deux
  • Simplifier la cuisine du quotidien
  • Prendre un bon thé en écoutant un podcast
  • Se répéter la phrase « Prendre le temps… »
  • Se poser 5 minutes avec une tasse de café après avoir déposé les enfants à l’école
  • Se répéter la phrase : « je suis d’abord femme, ensuite conjointe et ensuite mère », ça m’aide à prioriser les choses
  • Faire de la cuisine pour déconnecter mon cerveau qui est en surchauffe et profiter des bonnes effluves qui apportent un peu de douceur
  • Prendre un café une semaine sur deux aves des amies
  • Je fais du sport, dès que j’en fait je me rends compte que ça me fait vraiment du bien de faire quelque chose juste pour moi

Quelles tâches est-ce que je pourrais déléguer à d’autres ou bien simplement arrêter de faire momentanément ?

Faites la liste de ces tâches : faire le ménage, faire les courses, préparer les repas, s’occuper du suivi médical des enfants, sortir les enfants, faire les accompagnements aux diverses activités, s’occuper du coucher, du lever, prévoir les vacances, aider aux devoirs…

A quelles personnes puis-je déléguer cela ? Faites une liste des personnes ressources en regard de toutes les tâches définies précédemment et contactez-les pour demander leur aide. La plupart du temps, les gens sont heureux de pouvoir se rendre utile. Si vous êtes en burn-out diagnostiqué par un médecin, vous pouvez aussi contacter votre mutuelle, les associations d’aide à la personne conventionnées par la CAF pour avoir une aide familiale (pour gérer vos enfants) ou une aide ménagère (pour préparer des repas, faire du ménage, faire des courses). Une partie des frais sont alors pris en charge par la mutuelle ou la CAF en fonction de votre quotient familial.

A quoi vais-je momentanément dire NON ?

Quelles sont les limites que je me donne ? A quelles sollicitations vais-je momentanément ou durablement dire non ? Prendre en compte et répondre à mes besoins de parents c’est aussi montrer à mon enfant comment faire pour les siens. « Maman a besoin d’une bonne sieste, ce sera temps calme pendant ce temps. C’est vraiment important pour Maman si elle veut pouvoir être en forme pour jouer avec toi ensuite. »

« Les parents ont besoin d’un temps tous les deux parce que c’est important pour eux de pouvoir se parler rien que tous les deux, en amoureux. Toi aussi mon chéri, tu as des choses importantes pour toi. Tout de suite, c’est le temps des parents pour qu’ils puissent être des parents encore mieux. On se retrouve tous ensemble demain matin, bonne nuit ! »

« C’est important pour Maman de prendre un peu de temps avec ses amis, on a tous besoin de respirer de temps en temps. »

Ce n’est peut-être pas le moment de prendre un engagement supplémentaire si on vous le propose ou d’être le pilier de l’organisation de la fête des 30 ans de votre sœur

Quelles sont mes priorités ?

Quels combats choisissez-vous de mener ? Dans ces moments où les équilibres sont malmenés, prenez le temps de redéfinir momentanément vos priorités et de ne pas vous infliger des peines supplémentaires. A chacun ses défis. A chacun d’y répondre à sa manière.

Prenons-le temps d’être un peu bienveillants envers nous-mêmes, chaque famille est unique, chaque famille a ses défis qui ne sont jamais comparables à ceux du voisin. Avons-nous besoin d’être des parents parfaits ? Est-ce que nos enfants souffriront de ne pas manger bio toute la semaine ? Est-ce qu’ils souffriront si on écourte parfois le rituel du coucher ? Souffriront-ils si on les met de temps en temps devant le meilleur épisode de Tchoupi pour souffler un peu ? Ont-ils besoin d’une maison d’une propreté étincelante ? Ont-il besoin d’être tous les jours tirés à quatre épingles pour être instagrammables ? Est-ce véritablement un problème s’ils ne prennent pas leur douche tous les soirs, est-ce qu’une toilette de chat ne suffirait pas ? Est-ce qu’on ne peut pas remettre le même pantalon deux jours de suite, etc… ? Est-ce qu’un repas jambon coquillettes ne serait pas juste parfait ? Voyons ce que nous pouvons déléguer, ce à quoi nous pouvons renoncer.

On ne peut pas donner le meilleur de soi-même tout le temps et ce n’est pas souhaitable. Winnicott parlait de parents « suffisamment bons » pas de parents parfaits. Il est salutaire de montrer à nos enfants que parfois nous nous trompons, nous sommes fatigués, nous avons besoin de prendre soin de nous. C’est bon pour eux.

Retrouvez les propositions du Réseau des Parents pour vous accompagner en ce moment :

Des groupes d’échange d’expérience pour les parents d’ado à Viroflay

Un groupe de parole autour du handicap à Chaville

La charge mentale : mieux la connaître pour moins la subir à Chaville

Comment concilier carrière et vie familiale à saint Cloud

Prochain article : trois livres pour trois manières d’appréhender le burn-out et s’en sortir.