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S’appuyer sur la nature pour faire grandir nos enfants

Les dernières études ont montré combien le lien de nos enfants avec la nature était fragilisé voir même inexistant. Une étude anglaise a même utilisé le titre choc : « Nos enfants passent moins de temps dehors que les prisonniers« . En effet, trois enfants sur quatre ne passent pas suffisamment de temps dehors. La génération actuelle est la plus coupée de la nature que l’humanité ait connue. Et si vous prenez trente secondes pour vous souvenir de votre enfance, il y a fort à parier que vous ayez beaucoup plus joué dehors que vos enfants. Mais pourquoi passer ce temps dehors, dans la nature ? Pour quels risques ? Quels bénéfices ? Qu’est-ce que c’est que cette histoire de « besoin de nature » ? Comment s’y prendre au quotidien ? Quels sont les freins, les peurs qui peuvent nous décourager ? Par où commencer ?

Dans la nature je ressens beaucoup de choses, c’est plein de couleurs. Je me sens inspirée par tout. Au bord de la mer, j’aime bien voir l’écume, quand cela devient comme des boules de coton qui s’envolent et la mer qui scintille comme des diamants. J’aime regarder et sentir la nature.

Sofia

Etre en contact avec la nature, ce n’est pas un caprice, c’est un besoin vital pour tous. Le trouble de déficit de nature existe bien c’est dire si la prise en compte du lien de chacun avec la nature est importante ! Sans contact suffisant avec la nature, les enfants développent plus facilement des difficultés de concentration, de l’hyperactivité, des comportements impulsifs, agressifs, de l’obésité ainsi que des difficultés d’apprentissage et de mémorisation . Le manque de nature peut aussi créer une altération de la perception de la réalité comme la perception de son corps, des ses limites, de ses émotions, une carence en vitamine D mais également des difficultés à adopter des comportements responsables. Le déficit de nature n’explique pas toutes les difficultés mais il y contribue. Ce n’est donc pas un besoin à prendre à la légère, « quand on aura le temps ».

Evoquons maintenant les bienfaits du contact avec la nature : elle nous calme, nous apaise, nous stimule agréablement sans nous surstimuler, elle nous aide à évacuer la pression, elle nous permet de libérer l’énergie restée contrainte et elle nous permet une attention diffuse qui apaise et ressource. La nature nous offre un équilibre intérieur précieux, elle nous transmet son énergie, son rythme, celui des saisons, de la croissance des plantes, de l’immobilisme des pierres. C’est le lieu idéal pour apprendre avec toute sa personne, devenir autonome, prendre confiance en soi, faire preuve de créativité, de curiosité, apprendre à prendre soin de son environnement, découvrir tous ses sens, prendre conscience de ses limites, du réel. Nous sommes limités par les intempéries, par le dénivelé d’une montagne, par les troncs d’arbre d’une forêt touffue, par la difficulté d’un chemin. Dans la nature, l’enfant peut inventer des jeux, fabriquer des objets, mener ses propres projets et trouver des solutions aux obstacles qu’il rencontre. Quel plaisir de trouver enfin la bonne pierre pour compléter son barrage et dévier efficacement le petit ruisseau !

La nature est remplie de merveilles, il suffit pour cela de tendre l’oreille, d’écouter son âme, afin d’en découvrir toute son infime beauté… Peu importe les difficultés rencontrées ce jour, inonder vos pensées de clarté et de luminosité, de paix et d’humanité, d’amour et de douceur…

Joëlle Laurencin

Jouer dans la nature, c’est aussi découvrir le monde du vivant, de la matière, du temps qui passe, des saisons. C’est permettre à sa curiosité d’être sans cesse renouvelée, apprendre en s’amusant et sans même s’en rendre compte. Cette expérience intense de la nature, par les beaux souvenirs qu’elle crée, est un moyen très efficace pour donner envie à notre enfant de prendre soin de son environnement. Enfin, si vous souhaitez que votre enfant réussisse à l’école, aller jouer dehors facilite grandement la réussite !

Dans ma famille, nous aimons admirer la nature même si nous ne sommes pas très doués pour faire pousser des plantes ! Elle nous procure sérénité et sensations fortes. Les lumières, la diversité de la faune et de la flore, le vent, le relief font de la nature un théâtre vivant sans cesse renouvelé. Nous aimons partager cela avec nos enfants, les emmener dans des lieux préservés de l’envahissement de la vie humaine.

Cécile

Facile à dire mais comment s’y prendre ? Nous avons beaucoup de contraintes au quotidien. Où mettre un peu de nature au milieu de « métro, boulot, dodo » et la gestion du quotidien ? Et puis…il faut bien l’avouer, nous, parents, nous avons des peurs qui ne nous aident pas toujours pour permettre à l’enfant un véritable contact avec la nature.

Je n’ai pas le temps

C’est parfois compliqué de profiter de la nature, le rythme de la ville ne nous y aide pas. Regardez s’il n’y a pas quand même un petit parc près de chez vous pour passer ne serait-ce qu’une demi-heure de temps en temps. Il existe aussi beaucoup de forêts en périphérie des villes qui permettent de s’échapper dans la nature une fois le week-end arrivé. On peut également répondre au besoin de nature en inscrivant nos enfants à des activités qui se passent dans la nature : scoutisme, sport, accrobranche…Si vraiment ce n’est pas possible au quotidien, profitons des vacances pour passer le plus de temps possible dehors, que ce soit à la campagne, à la montagne ou en bord de mer.

Mon enfant pourrait se faire mal

La génération actuelle prend beaucoup plus de mauvais risques, se casse beaucoup plus de choses que les générations précédentes car elle n’a justement pas appris à prendre, par le contact régulier avec la nature, des risques mesurés, à sentir les limites de son corps, de ses capacités. Vous même, quand vous étiez petits, vous pouviez sûrement aller faire un tour de vélo tout seul, grimper dans des arbres sans que tout le monde en soit effrayé, ou jouer des heures dans la nature sans que personne ne songe à un quelconque risque. Les temps ont changé, les routes sont plus passantes, nous sommes plus conscients de certains risques mais il existe toujours de nombreux endroits pour laisser les enfants expérimenter leurs limites en toute sécurité.

Si mon enfant part un peu loin, je ne pourrais pas l’aider ou le surveiller.

Laisser son enfant évoluer dans la nature demande parfois un peu de lâcher-prise. A vous de définir ensemble l’espace dans lequel il a le droit d’évoluer afin que chacun se sente en sécurité. Dans la nature, tout ou presque est permis, mais vous avez la possibilité de donner un cadre en fonction de l’âge et des capacités de l’enfant si cela vous sécurise : tu peux aller de cet arbre à cet arbre si tu veux, vous pouvez faire ce que vous voulez dans le champ devant la maison, vous avez le droit de monter aux arbres mais jusqu’à telle ou telle hauteur…etc… Tu peux prendre ton vélo mais dis-moi juste avant de partir quel périmètre tu comptes faire pour que je puisse facilement te venir en aide si besoin….etc. Tout est permis dès lors que la sécurité est garantie.

Dans la nature, on peut crier et ça ne dérange personne ou presque et ça permet à mon fils de canaliser ses émotions après une journée d’école. Tout est source d’émerveillement : une fourmi, une petite bête inconnue, un fossile, une feuille, une toile d’araignée.

Roxane

Mon enfant va se salir, et qui fait les lessives, hein ?

Pourquoi ne pas choisir avec votre enfant une « tenue de nature », des vêtements dédiés au crapahutage qu’il pourra salir tranquillement sans que personne ne frémisse ? Pour les petits, il existe des combinaisons imperméables qui permettent de se rouler dans la boue en toute tranquillité pour le plus grand plaisir des intéressés.

Avec tous les microbes et bactéries dans la nature, mon enfant va tomber malade !

Notre système immunitaire à besoin de se confronter à des virus, des microbes, des bactéries pour justement être en bonne santé. C’est par le contact avec notre environnement que notre santé se fortifie au quotidien. Donc permettre à notre enfant d’évoluer dans la nature, c’est lui permettre d’acquérir une bonne immunité.

Concernant les tiques, il y a des principes simples à respecter pour limiter l’invasion : vêtements clairs, unis et couvrant, bottes et Tique check régulier pour arrêter les tiques avant qu’elle ne parvienne jusqu’à la peau. On peut garder sur soi ce qu’il faut pour les enlever rapidement le cas échéant (tire tique, petit désinfectant)

Alors comment faire ?

Une heure de nature par jour pour chaque enfant.

  • Proposer des bains de nature : grands arbres, ruisseaux, rochers, grands champs d’herbes folles, vastes plages sont là pour permettre ce bain, particulièrement quand on est en vacances.
  • Permettre le jeu libre dans la nature, tant mieux si vous y participez mais votre enfant peut tout aussi bien jouer seul ou avec ses amis sans l’intervention d’un adulte. Attention à laisser nos enfants évoluer librement dans la nature et à ne pas vouloir être dans l’instruction permanente. Laissez les enfants faire ce qu’ils y ont à faire, sans directive, laissez la curiosité arriver, les questions se poser et répondez-y ensuite s’ils ne parviennent pas à trouver les réponses par leurs propres moyens.
  • Evoluer dans la nature : ça s’apprend ! Si vos enfants n’ont pas l’habitude d’évoluer librement dans la nature, il est fort possible qu’ils ne sachent pas trop quoi faire les premières fois et qu’ils vous demandent instamment de retourner jouer sur leurs tablettes et consoles. En vous promenant avec eux, en vous émerveillant avec eux de ce que vous pourrez faire et voir, vous leur permettrez peu à peu de se familiariser et d’y évoluer seuls.
  • Faire de petits projets : être dans la nature, ce n’est pas nécessairement s’y promener. Certains enfants ont besoin d’avoir un projet pour sortir. Heureusement la nature est propice à une multitude de petits projets : réalisation d’un herbier, fabrication d’une cabane, observation d’une fourmilière, rencontre avec les animaux situés dans un champ, ricochets dans l’eau, fabrication d’un barrage, mise en route d’un feu (sous la surveillance d’un adulte), ramassage de feuilles, jeux de cache cache derrière les arbres, chasse au trésor, cueillettes diverses (mûres, champignons, myrtilles, châtaignes…), écoute des champs des oiseaux, silence pour découvrir les animaux cachés derrière les arbres, chasse aux empreintes, et même la sortie de nuit pour écouter les animaux nocturnes !

Vous manquez d’idées pour pour éduquer avec la nature : retrouvez-en une multitude sur le blog éveil et nature. Mais commencez tout simplement par ouvrir la porte de chez vous, sortir vous balader en forêt ou par les chemins creux et le reste suivra …

Et si, durant les vacances , nous en profitions pour familiariser nos enfants avec la nature ?

Parents, éducateurs, animateurs, enseignants, sortez-les, faites-les bouger, marcher, courir, grimper, construire, rire, ils apprendront mieux, souffriront moins et aimerons plus la vie et les autres !

Louis Espinassous, éducateur, biologiste et ethnologue

Voici des livres pour les petits curieux de nature qui permettront de trouver de nombreuses idées tout en répondant à bien des questions !

Copain des bois

Copain de la nature

Copain des animaux

Copain des petites bêtes

Copain des mers

Copain des montagnes