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Ciel mes aïeux !

A l’occasion de la Toussaint, le Réseau des Parents vous propose de regarder à la fois en arrière et en avant. Penchons-nous sur ce que nous ont transmis nos anciens alors que le contact avec eux est aujourd’hui limité par la situation sanitaire. Regardons en arrière ce que nos familles ont pu construire pour arriver jusqu’à nous, ces cadeaux qu’elles nous ont transmis, de beaux cadeaux mais aussi des cadeaux empoisonnés parfois. D’où venons-nous ? Quels sont les rituels de notre famille, que nous les appréciions ou non ? Quelles en sont les traditions, les valeurs, les faiblesses ? Que nous racontent nos ancêtres ? Que nous disent les objets, les lieux où nous nous réunissons ? Profitons de ce moment un peu particulier pour regarder de plus près cette transmission, interroger ce que nous faisons au nom des traditions familiales, ce que nous gardons, ce que nous laissons de côté, le sens qui est donné à ces transmissions. Si nous continuions à fleurir non seulement les tombes mais aussi à faire « fleurir » nos ancêtres tout court pour qu’ils portent du fruit ? Que les racines d’hier continuent à porter du fruit aujourd’hui même si les branches partent vers de multiples directions !

Profitons des longues soirées d’automne et d’hiver

Pour cela, nous allons « profiter » des longues soirées d’automne offertes par la situation actuelle pour prendre le temps de voir d’où nous venons. Reprenons le fil de notre roman familial, ses grands personnages, ses anecdotes, ses expressions favorites, son franc-parler, ses drames, ses heures de gloire, ses règles implicites, ses fous rires, ses larmes…Ouvrons les vieux albums familiaux avec nos enfants et racontons-leur les épopées familiales. Regardons les films familiaux, ceux qui sont coincés quelque part dans la mémoire de notre ordinateur. Ressortons ou créons les arbres généalogiques familiaux pour évoquer nos prédécesseurs, un arbre simple pour les petits ou plus complet pour les plus grands. Relisons les vieilles lettres si nous en avons conservé.

Cultivons le lien avec nos « racines », nos aînés

Regardons aussi comment conserver le lien avec nos « racines ». Par une visite sur la tombe si la personne est décédée, un bon moyen de continuer à faire vivre sa mémoire malgré le temps qui passe. Par des visites aux grands-parents, arrières-grands-parents, grands oncles, grandes tantes qui pourront chacun raconter à leur manière l’histoire de la famille et en partager ses mille et un secrets… Retissons aussi le lien vers ceux que nous pouvons voir trop peu souvent avec des gazettes familiales comme Famileo. C’est une joie pour tous de pouvoir continuer à suivre les vies des uns et des autres et de pouvoir ainsi garder le lien !

Proposons à nos aînés de rédiger leur biographie. Soit en enregistrant nous même, soit en demandant à un biographe de le faire. Nombreux sont les biographes à proposer leurs services au sein des maisons de retraites, hôpitaux. Nos anciens ont tant de choses à nous raconter, nous transmettre, ce serait dommage que leur mémoire s’éteigne avec eux !

Profitons de l’enfance pour cultiver le sens de la transmission

Profitons aussi de ces âges où les enfants s’émerveillent de découvrir leur famille. A partir de 4/5 ans, ils adorent qu’on leur parle de nous petits, de nos parents, de nos grands parents. Plus grands, à l’adolescence notamment, ils aiment réinterroger d’où ils viennent, ils veulent savoir la source de nos actions, aller chercher nos failles et la raison de nos failles, ils nous poussent dans nos retranchements pour que nous affirmions plus clairement qui nous sommes, d’où nous venons et le sens que nous donnons à notre vie. Ils viennent interroger les valeurs de notre famille pour voir de quelle manière s’inscrire (ou non) dans la lignée familiale. Ils rejettent certaines traditions familiales avant d’en comprendre le sens quelques années plus tard et de les adopter à leur tour une fois adulte (ou en tout cas d’adopter celles qui leur ont plu).

Partageons des activités toutes générations confondues

Les activités transmises de grand-parent à parent puis à petit-enfant font de la maison un lieu de dialogue et de transmission de connaissances, de culture et de traditions vers l’enfant. A travers les activités, bricolages, parents et grand-parents peuvent transmettre à l’enfant des savoirs, des savoirs-être, des savoirs-faire transmis de génération en génération et qui s’inscrivent dans la tradition et la culture comme par exemple la cuisine, les jeux intemporels de toujours, les chansons traditionnelles françaises… Prendre le temps de transmettre tout cela c’est aussi créer, recréer, enrichir les relations intra-familiales dans un environnement où l’on ne recherche par la performance scolaire. C’est aussi le moyen de transmettre les passions familiales : passions culturelles, sportives, de véritables passeurs de passion !

Photo de Andrea Piacquadio sur Pexels.com

Faisons vivre les traditions

Reprenons à notre compte les belles traditions de nos familles et remettons-les au goût du jour pour les transmettre à nos enfants : ce gâteau que l’on partageait aux grandes occasions, cette photo que l’on faisait à chaque retrouvaille, ce chant que l’on entonnait, ce jeu auquel on jouait, cette blague, ces récits que l’on échangeait, ces poésies récitées, ces cadeaux traditionnellement offerts, cette occupation familiale à laquelle on se mettait tous ensemble, ces décorations que l’on faisait aux occasions spéciales.

Apprenons d’eux ce que nous ne savons plus faire

Alors que nous devons apprendre à sauvegarder la planète, apprenons de nos ancêtres tout ces petits gestes qui permettent de prolonger les objets, de réparer ce qui peut l’être, de réutiliser les restes. Apprenons d’eux aussi la vie sans les écrans, les récits au coin du feu, les transmissions de savoir-faire qu’ils soient culinaires, artistiques ou techniques.

Prenons conscience de notre histoire familiale, y compris quand elle a été difficile

Evoquons ces qualités que nos ancêtres avaient et qui se sont transmises dans la famille sans éluder non plus les parts plus sombres de l’histoire familiale qu’il nous faut affronter pour pouvoir aller de l’avant en redonnant à chacun ce qui lui appartient dans l’histoire familiale. Si besoin, faisons-nous aider d’une conseillère conjugale et familiale comme vous le propose le Réseau des Parents ou d’une thérapie familiale pour permettre à chacun de prendre conscience des histoires qui se répètent, de mettre à jour les dysfonctionnement familiaux et faire de nouveaux choix.

Nos ancêtres sont nos racines, qu’on le veuille ou non. Prendre conscience ce qu’ils nous ont transmis, le bon comme le moins bon, c’est essentiel pour pouvoir avancer sereinement vers le futur et construire de nouvelles branches.

Gabrielle Sebire, rédactrice pour le Réseau des Parents

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