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Prendre conscience de ses besoins, de ses limites et explorer les bienfaits d’une sobriété imposée

Ai-je envie ou ai-je besoin de …? Une question qu’on ne se pose pas trop habituellement. La plupart du temps nous confondons d’ailleurs envie et besoin. Or pendant ce confinement cette question s’est posée maintes et maintes fois. Devant l’impossibilité de répondre à tous nos besoins en confinement nous avons été amenés à y voir plus clair : de quoi ai-je vraiment besoin ? Qu’est-ce qui me manque vraiment ? Quelles sont mes limites ? Et qu’est-ce qui n’est finalement qu’une envie ? Au fil de ce confinement, nous avons expérimenté le manque : manque de sorties, manque de contacts physiques, manque d’exercice, manque de temps pour soi tout seul sans la famille, manque de frontières tangibles entre le monde du travail, celui de la famille, celui du couple, celui de l’école…

Mais commençons par la prise de conscience de notre corps, de ses besoins et de ses sensations durant ce confinement.

Un corps et un mental mis à rude épreuve

Nous avons tous prêté une attention différente à notre alimentation, le succès des émissions de partage culinaire en témoigne, mais également à l’ensemble de notre corps. Se laver, ne pas se laver, s’habiller, ne pas s’habiller, pour quoi faire ? Et si on restait en pyjama ? Prendre soin de soi, oui ou non ? Et comment ? Pour répondre à quel besoin ? Faire du sport ? Ou pas…Nombreux sont ceux qui ont saisi l’occasion de se mettre au sport alors qu’ils n’en faisaient pas d’habitude. Dormir, un peu ? Beaucoup ? Faire des nuits blanches à cause du travail ou de séries regardées en intégralité ? Assez vite nos besoins les plus basiques ont refait surface : sans sommeil par exemple, difficile de tenir le choc face à ses enfants, sa réunion zoom…Sans alimentation un minimum équilibrée, sans exercice, c’est notre corps et notre mental qui dépriment et nous supplie de nous alimenter autrement et de bouger. Sans temps de repos, c’est l’épuisement qui vient frapper à notre porte et avec lui cette ambiance désagréable dans la famille.

Tout ce temps différent nous a poussé dans nos retranchements. L’exiguité des lieux, 24h sur 24 ensemble avec peu de dérivatifs possibles… Nous avons vite repéré nos limites et celles des autres et c’est tant mieux ! Une belle occasion de mieux nous connaître, mieux circonscrire nos véritables besoins et mieux y répondre, mieux connaître aussi ceux qui nous entourent. Nombres de parents ont ainsi témoigné avoir découvert comment fonctionnaient leurs enfants, notamment dans leurs apprentissages.

Des sens stimulés autrement

Une « terrasse de salon de thé » familiale en confinement : peu de choses mais un temps délicieux, simple…organisé avec les moyens du bord

Et nos sensations dans tout ça ? Entendre les oiseaux pour une fois tranquilles sans la circulation, voir les manifestations du printemps dans sa jardinière, dans l’arbre face à la fenêtre. Regarder les membres de notre famille d’un autre oeil qu’habituellement. S’émerveiller d’être en vie et de ressentir toutes ces sensations, y compris les plus étranges.

Vivre sobrement

Nous avons fait avec ce qu’il y avait dans nos placards (des pâtes, beaucoup de pâtes…), avec ce que nous étions, avec ce que nous avions chez nous et cela a été bon pour les enfants de voir tout ce que l’on peut faire avec ce que l’on a déjà, sans devoir acheter de choses nouvelles, de divertissements nouveaux. Au milieu de toutes les stimulations habituelles, souvent beaucoup trop nombreuses, nous avons tous dû faire face et apprendre à vivre plus simplement, sans les artifices auxquels nous avions recours avant. Les best sellers des magasins peuvent témoigner, nous avons beaucoup utilisé les ingrédients de base comme les oeufs, la farine, le lait, nous sommes revenus en masse vers les plats faits maison. Nos enfants ont appris à apprécier ce qu’ils avaient, ce qu’ils étaient. De nombreux achats prévus ont été remis à plus tard. Et le temps passant, certains nous sont parus inutiles ou au contraire vitaux compte-tenu de ce que nous avions vécu ensemble. Et au fil du temps, c’est le besoin de contacts humains qui s’est présenté comme le plus pressant : Quand allons-nous retrouver nos amis, nos cousins, nos grand-parents ? Quand pourrons-nous retourner à l’école ? Bien devant toutes les autres envies que nous pouvions avoir auparavant. Le confinement nous a invité à prendre plus soin des liens avec les autres, à être plus solidaires, à ressentir aussi plus de gratitude les uns envers les autres. Maintenant que le déconfinement est là, nous voyons bien que ces achats étaient sans doute plus des envies que des besoins et nous voyons nos enfants heureux de profiter de ce qu’ils ont déjà plutôt que de lorgner sur les promesses souvent fallacieuses de la publicité. Nous avons changé de priorités. Garderons-nous cet apprentissage de la sobriété par la suite ?

Un taboulé « de base » magnifié par la décoration apportée par les enfants : joie des sens et de la simplicité

La sobriété imposée nous a permis de regarder l’équilibre que nous avions concernant la consommation des biens, de l’énergie mais aussi l’économie de notre propre force mentale. Il a fallu choisir ses combats, choisir ses activités, nous recentrer sur les interactions, sur une économie plus locale.

Temps de lecture en confinement : lire et relire les albums préférés sous le toit d’une cabane improvisée avec des serviettes de bain.

Avec ce confinement, sans le rechercher particulièrement, nous avons pris conscience de nos limites, de celles des personnes avec lesquelles nous avons vécu ce temps. Nous avons appris à vivre, malgré nous, plus sobrement, plus simplement. Nous avons appris à distinguer nos envies de nos besoins les plus vitaux. Et nos enfants, marchant à notre suite, l’ont, dans une certaine mesure, appris aussi.

Et vous, qu’avez-vous appris de vos limites, de vos besoins, des besoins de votre famille durant cette période ?

Racontez-le nous en nous écrivant !

Auteur : Gabrielle Sebire, enseignante et fondatrice de Happy HP Family